Prologue

Prologue

Au court de ma vie, j'ai vécu des choses incroyables. J'ai réalisé mes rêves aux côtés de mon frère jumeau et deux autres personnes formidables, qui grâces à elles, ont changé notre vie. J'ai rencontré une femme. Magnifique. Elle aimait aider les gens, les changer du mieux qu'elle pouvait, et leur offrait une seconde chance. Elle m'en a donné une, elle s'est occupée de moi. J'en suis tombé amoureux, et elle est tombée sous mon charme. Nous avons vécu des moments inoubliables. Je voulais passé ma vie avec elle.

Aujourd'hui je suis au désespoir. J'ai perdu l'un des êtres les plus importants et les plus précieux pour moi. Cette âme m'a laissé une partie d'elle. Et je sais qu'aujourd'hui, ce ne sera plus jamais pareil.
Mais je sais une chose. C'est que ce cadeau appartenant à mon étoile, je ne le quitterai pas. Il restera à mes côtés pour toujours, n'oubliant pour rien au monde, le sacrifice pour sa survie.

C'est pour que cette personne reste à tout jamais gravée dans nos mémoires, que je vais vous raconter mon histoire.

Tom Kaulitz



# Posté le vendredi 16 octobre 2009 17:33

Modifié le vendredi 16 octobre 2009 17:43

Chapitre 1

Chapitre 1


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Le succès. Seules les personnes qui sont au sommet de leur carrière artistique peuvent comprendre ce que je ressens aujourd'hui. Tokio Hotel joue à guichets fermés dans n'importe quelle salle de concert, n'importe quelle ville, n'importe quel pays. La sortie de notre troisième album n'a fait que nous propulser au sommet de notre rêve, au plus haut de nos espérances. Certes nous n'avons aucun moment de répit, mais ça ne nous dérange pas vraiment. Nous vivons jour pour jour, sans nous soucier de l'avenir. Nous profitons, et nous nous battons pour continuer.
Mais ce que je n'avais pas prévu, c'est l'amour. Elle m'a frappé de plein fouet, sans même me prévenir. La première fois que je l'ai rencontré, je n'ai pas voulu m'engager, de peur de perdre mon frère. Mais je me dis aujourd'hui, que j'aurai dû agir depuis ce jour, j'aurai dû vivre ma vie. Affronter mon frère, lui annoncer mon amour pour cette fille aux yeux océans. Cette soirée avec elle a changé ma vie. C'Est-ce soir là que j'ai compris que j'étais tombé amoureux d'elle. C'Est-ce soir là que j'ai découvert le grand amour, le pur, le vrai.

Mais commençons par le commencement.
Nous étions en décembre 2009. Le succès se présentait devant nous et propulsait Tokio Hotel au sommet de son existence. Nous étions partout, dans le monde entier. Tout ça n'était que folie et l'accomplissement d'un rêve. Mais c'est surtout en ce jour, que ma vie a était bouleversée...







Nous sommes lors des vacances de Noël. Exceptionnellement pour cette période de l'année, nous passons quelques jours avec notre famille. Nous sommes donc en route pour rendre visite à nos parents.
Quelques plaques de neige recouvrent encore la chaussée mouillée. Aux places arrière de la voiture, moi et Bill regardons à travers la vitre défiler le paysage, avec ses sapins verts constellés de blanc et ses traînées de brouillard sous un ciel de plomb. Les vitres ne tardent pas à être recouvertes de buée. Bill s'amuse à tracer des signes avec son doigt sur la vitre, et je le regarde jouer comme un gamin de 4 ans dans le corps d'une personne de 20 ans.
Une sonnerie retentit soudain, et le conducteur décroche. Moi et Bill écoutons attentivement ce qu'il dit, comme si nous avons rien d'autre à faire. Il raccroche, rangeant adroitement son portable dans sa poche poitrine gauche. Il allume par la suite la radio.
Après les nouvelles, le conducteur passe sur la station de musique classique. Je roule des yeux, incapable de comprendre comment il fait pour aimer ce genre de musique endormante. Les première notes s'élèvent, le présentateur nous indiquant l'artiste de la musique: Vivaldi.
Rien que d'imaginer le fait de retrouver ma famille me rend quand même heureux d'être là, dans cette voiture bien chauffée, avec mon frère. Je ferme les yeux.




On ne s'attendrait pas à ce que la radio continue à jouer, après. Pourtant, c'est le cas.
La voiture a été pratiquement pulvérisée. L'impact d'une camionnette percutant le côté passager à près de cent kilomètres-heure a arraché les portières avant, projeté le siège à travers la vitre latérale côté conducteur, fait traverser la route au châssis et éventré le moteur. Les roues et les enjoliveurs ont volé jusque sous les sapins. Le réservoir commence a prendre feu et des flammèches lèchent la route mouillée.
Il y a eu une symphonie de grincements, un ch½ur d'éclatements, une aria d'explosions et, en guise de final, la claquement triste du métal se fichant dans le tronc des arbres. Et puis, dans le calme retrouvé de cette matinée de décembre, l'autoradio qui continue de jouer du Vivaldi.
En reprenant conscience, je me suis tout de suite convaincu qu'il fallait que je me relève, que j'aide mon frère, où qu'il soit. Je remonte donc sur la chaussée avec difficulté. Je regarde mon bras droit qui n'est pas en très bon état. Je prends sur moi la douleur, et examine le lieu de l'accident. En parcourant la chaussée du regard, j'examine la voiture, et découvre une structure métallique dépourvue de sièges et de passagers. Mon frère et le conducteur ont été éjectés comme moi. Je m'avance sur la route à leur recherche.
Je vois le conducteur en premier. De loin, je distingue la bosse que fait son portable dans sa poche, mais, au fur et à mesure que j'approche, je suis pris de hauts le c½ur. Je comprends tout de suite que je ne pourrais plus rien faire pour lui. Pourtant, curieusement, son portable est toujours dans sa poche poitrine gauche et cela me fait peser à ces catastrophe naturelles qui peuvent détruire une maison et laisser le bâtiment voisin intact.
Je trouve ensuite mon frère. On ne voit pas de sang, mais ses lèvres sont déjà bleues et il a le blanc des yeux qui deviennent rouge. Et c'est cette vision irréelle de mon frère semblable à un vampire dans un film qui déclenche chez moi un début de panique. Je cours vers lui aussi vite que la douleur me le permet. Je m'effondre à côté de lui, les larmes aux yeux.
Je regarde derrière moi. Ce n'est pas possible. Nous roulions tranquillement. J'ai dû m'endormir dans la voiture. Je hurle: « Réveille-toi ! »
Bien sûr, il m'est arrivé de faire des genre de cauchemars. J'ai rêvé que je tombais, que je donnais un concert en ne connaissant rien de ma partition, mais j'ai toujours été capable de commander à mon corps et d'ouvrir les yeux. J'essaie de nouveau. En vain.
Je reporte le regard sur mon frère. Ses yeux sont fermés, ses doigts bougent lentement. « Bill! » Je prends sa main, incapable de dire quoique soit d'autre, la peur me paralysant.
Les sirènes retentissent peu de temps après.




Les urgences médicales sont là, avec la police et les pompiers. Quelqu'un s'occupe de mon frère, et un pompier est en train de refermer le fermeture Éclair du sac plastique dans lequel on a glissé le conducteur. Je l'entends discuter avec un collègue, un jeune qui de doit pas avoir plus de dix-huit ans. Il lui explique que le conducteur a dû être percuté en premier et tué sur le coup.
Mon frère est entouré d'une équipe de sauveteurs qui s'affairent et injectent je ne sais quoi à l'intérieur des tubes plantés dans ses veines. Ils sont déchirés le haut de son tee-shirt.
Les policiers ont créé un périmètre de sécurité autour de l'accident avec des signaux lumineux. Ils ont barré la route et font faire demi-tour aux voitures qui se présentent, en proposant des itinéraires de déviations. Des gens, descendent de leur véhicules, les bras serrés autour d'eux pour lutter contre le froid. Ils regardent la scène, puis se détournent. Certains sont émus jusqu'aux larmes. Même s'ils ne savent rien de nous, ils prient à notre intention.
Je suis encore entrain d'observer les personnes quand l'urgentiste rousse qui s'occupait de mon frère s'écria: « Son Glasgow est à 8. On ventile! »
Avec l'un de ses collègues, elle introduit un tube dans la gorge de Bill, le relie à un ballon et à une petite poire, et exerce des pressions. « L'hélico sera-là bas dans combien de temps? Demanda-t-elle.
- Dix minutes, répond son collègue. Il nous en faut vingt pour revenir en ville.
- On peut y être en un quart d'heure si on fonce. »
Je sais ce que l'homme pense. Que cela n'arrangera rien s'ils ont un accident, et je suis bien de cet avis. Mais il se tait, mâchoire serrée. Il chargent mon frère dans l'ambulance. La rouquine monte à l'arrière avec moi. D'une main elle actionne le ballon, de l'autre, elle ajuste la perfusion et les moniteurs.
Je repousse doucement une mèche qui retombe sur le front de mon frère.
« Accroche-toi. »





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Bonjour à toutes et tous.
Bienvenu sur ma toute nouvelle fiction au-coeur-du-drame.
J'aimerais vos premiers avis sur ce premier chapitre que je trouve plutôt dramatique pour commencer.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, j'ia hâte de savoir.
Gros bisous et bonnes vancances
Alex



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~ Chapitre 2 en ligne dimanche 1 novembre ~



memories---xp curiosité ~ a mit le 50ème commentaire ~

# Posté le vendredi 23 octobre 2009 16:44

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 15:51

Chapitre 2

Chapitre 2
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Quand l'ambulance arrive à l'hôpital le plus proche - pas celui de ma ville, mais une petite structure locale -, tout va très vite.
Urgentiste rousse: Je crois qu'on a un pneumothorax!
Elle avait crié en confiant mon frère à une équipe d'infirmières et de médecins.
Urgentiste: On draine et on l'évacue!
Homme: Où sont les autres?
L'homme qui a parlé est un barbu en tenu chirurgicale. Je préfère encore la gentille urgentiste rousse. Elle m'a l'air d'une plus digne confiance que l'autre barbu. Elle se tourne vers moi.
Urgentiste: Le jeune homme n'a que des contusion mais il va quand avoir besoin de points de sutures. Conducteurs morts à l'arrivée. Le jeune homme de 20 ans sera hors de danger si je l'évacue rapidement.
Un long soupire m'échappe, un peu comme si j'avais retenu depuis vingt minutes. Si Bill était comme les deux conducteurs je... je préférais ne pas y penser. Mais ce n'est pas le cas. Il est vivant et il va s'en sortir.
On emporte mon frère dans une salle brillamment éclairée. Un docteur nettoie le flanc avec un liquide orangé, puis y enfonce un tube en plastique. Un autre projette la rayon lumineux d'une petite lampe dans l'½il de Bill.
Docteur: Pas de réaction. L'hélico est là. On le transporte en traumato, vite.
Il sortent Bill de la salle d'urgence à toute vitesse, s'engouffrent avec son brancard dans l'ascenseur. Je dois presque courir pour les suivre. Avant que les portes ne se referment, j'aperçois Ashley. C'est bizarre qu'elle soit ici, dans un couloir de l'hôpital. Est-ce qu'on a fait appel à elle à cause de la neige? Est-ce à cause de nous? Elle avance d'un pas rapide, l'air concentré. Je ne crois pas qu'elle soit déjà au courant de ce qui nous est arrivé. Peut-être même a-t-elle laissé un message sur le portable de Bill pour dire que l'hôpital lui avait demandé d'être présente parce qu'il y avait une urgence et qu'elle ne serait pas chez nous pour l'accueillir, lui, son meilleur ami.
L'ascenseur arrive directement sur le toi. Un hélicoptère stationne au milieu du cercle rouge, ses pales tournant à toute allure.
Moi et Bill ne sommes encore jamais montés dans un hélicoptère. Ashley, sa meilleure amie, sa petite s½ur, si. Elle a accompagné son oncle, un photographe connu qui travaille pour un magasine sur la géographie, lors d'un reportage sur le mont Saint-Helens, le célèbre volcan de l'Etat de Washington.
« Il me parlait de la flore qui poussait là et tu sais quoi, j'ai vomi sur lui et sur ses appareils », nous a-t-elle confié le lendemain. Elle avait encore le teint verdâtre après cette expérience.
Ashley voudrait devenir un grand chirurgien. Et comme certains sont amenés à monter dans des hélicoptère, son oncle l'avait emmené avec lui pour lui montrer l'effet que ça faisait.
« Il a voulu me faire plaisir et voilà le résultat! S'est-t-elle lamentée. Je crois que je ne serais jamais chirurgien les garçons.
- On peut faire ce métier de différentes façons, sans être obligé de monter en hélicoptère, lui avais-je répondu. »
Elle a éclaté de rire.
« Une chance, car ce n'est pas trop mon truc. Ni le tien, je suppose. »
On a pas toujours le choix Ashley.
Ashley: Tom?
Je me retourne, surpris t'entendre sa voix si près de moi.
Tom: Ashley...
Ashley: Mon dieu mais...
Elle se rapproche de moi, ses mains posées sur mon visage.
Ashley: Mais qu'est-ce qui s'est passé?
Tom: On a eu... un accident...
Elle est horrifiée par ce que je viens de lui dire. Son regard se porte sur le brancard hissé à l'intérieur de l'appareil avec tous ses tubes et tuyaux. J'y entre à sa suite. Ashley s'installe à côté de moi. L'urgentiste presse toujours la petite poire en plastique qui permet apparemment à Bill de respirer. Une fois que nous sommes en l'air, je comprends pourquoi Ashley a eu aussi mal au c½ur. Le vol d'un hélicoptère n'a rien à voir avec celui, régulier, d'un avion. Ça monte, ça descend, ça va à droite, à gauche. Je me demande comment les gens peuvent continuer à s'occuper de Bill dans de telles conditions.
Ashley: Tom regarde moi. Ça va aller. Donne ton bras que je regarde ça.
Elle est en train de pleurer. Des larmes coulent lentement sur ses joues, et son regard bascule entre mon bras et l'image de Bill sur son lit de mort.
Tom: Il va s'en sortir Ashley.
Ashley: C'est mon meilleure ami.
Tom: C'est mon frère.
Elle me regarde. Avec mon regard j'essaye de la calmer un peu. Aujourd'hui j'ai trop besoin d'elle. Elle ravale ses sanglots et commence à soigner mon bras.
Tom: Je ne sens plus mon bras.
Ashley: C'est pas jolie Tom. Mais ça va aller t'inquiète pas.
Tom: Je te fais confiance.
L'hélicoptère traverse des turbulences et je me dis que cette fois, je vais vomir.
L'écran de contrôle indique 10h37. Je me demande ce qui se passe au sol. Mes parents savent-ils maintenant que nous sommes arrivés aux urgences, Bill dans un état critique? A-t-on prévenu nos grands-parents dans la petit ville voisine? Je me réjouissais de dîner avec eux.
Je repense à Ashley. Elle s'applique avec délicatesse à me soigner alors que l'homme qu'elle considère comme son propre frère est sur un brancard, respirant presque artificiellement.

12h19
Apparemment, les blessures de Bill sont nombreuses.
Il fait un pneumothorax, c'est-à-dire qu'il a de l'air entre la paroi thoracique et le poumon. Il a une hémorragie interne indéterminée et un rupture de la rate. Il a aussi des côtes cassées.
Pour l'instant, les chirurgiens doivent lui retirer la rate, placer un nouveau drain dans son pneumothorax et étancher tout ce qui peut-être à l'origine d'une hémorragie interne.
Médecin: Appelez la banque du sang. Il me faut deux unités d'O négatif, plus deux d'avance.
Ainsi, Bill appartient au groupe sanguin O négatif. Je l'ignorais. Il faut dire que je n'ai pas eu à m'en préoccuper jusqu'à maintenant. La seule fois où j'avais mis les pieds à l'hôpital, c'était quand Bill s'était cassé le bras.
Il y a un monde fou dans ce petit espace où je me trouve. Les lumières crues permettent de voir que l'endroit est modeste, pas du tout comme dans les séries-télé, avec leurs blocs opératoires pareils à des théâtres flambant neufs, où l'on pourrait jouer de l'opéra. Le sol brille, mais on aperçoit des éraflures et des trainées roussâtres que je suppose être des d'anciennes traces de sang.
Tom: On est où l'a?
Ashley: Dans un bloc opératoire.
Tom: Première fois que je rentre dans un bloc.
Ashley: Et la dernière fois je l'espère.
Je suis d'accord avec elle. J'espère ne jamais revenir dans cette partie d'un hôpital quel qu'il soit. Voir mon frère sur son lit de mort une fois, me suffis amplement. Je ne veux surtout pas que ça recommence. Pour personne d'autre.
Ashley: Co-comment ça c'est passé?
Tom: Je... Je ne me rappel plus. T-tout c'est passé tellement vite...
Elle a fini. Elle se lève, jette les papiers et compresses rouges, et s'assoie à côté de moi.
Ashley: Il est mal en point...
Tom: Je sais...
Elle recommence à pleurer. Je passe mon bras invalide autour d'elle, grimaçant en silence. Sa tête s'appuie sur mon épaule.
Ashley: Il va s'en sortir.
Tom: J'en suis sûre. Tu connais Bill. Il se met toujours dans des galères pas possibles.
Elle rit, surement nerveusement. Ce que je veux surtout c'est qu'elle ne perde pas espoir. C'est peut-être la meilleure ami de mon frère, mais nous sommes quand même assez proches elle et moi. On se connais depuis tout petits. Tous les trois, nous avons passé notre enfance ensemble.
Tom: Tu me manques Ashley.







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~ Chapitre 3 en ligne Samedi 7 novembre ~





# Posté le dimanche 01 novembre 2009 15:54

Chapitre 3

Chapitre 3


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15h47
On vient de transférer Bill de la salle de réveil à l'unité de soins intensifs du service de traumatologie, une pièce en « U » avec une dizaine de lits. Des infirmières s'y affairent en permanence. Elles prennent connaissance des informations débitées par les appareils qui enregistre les signes vitaux de Bill. Au milieu de la salle, il y a d'autres ordinateurs et un grand bureau où si tient Ashley.
Un infirmier et une infirmière s'occupent de Bill, en plus des médecins qui font des visites constantes. Le premier est un moustachu blond et rondouillard que je n'aime pas beaucoup. La femme a une peau noire aux reflets bleutés. Elle parle avec un accent chantant et appelle Bill « mon petit » tout en arrangeant sans cesse ses couvertures, qu'il ne repousse pourtant pas.
Bill est de moins en moins hérissé de tubes et de tuyaux. Celui qui était dans sa gorge et qui respirait à sa place, et ceux qui étaient sur son torse ont disparut. Il en a un qui passe par son nez et maintient son estomac vide, un autre qui l'hydrate, planté dans une veine. Un autre enregistre son rythme cardiaque à partir de son doigt.
Il n'a encore reçu aucunes visites, à part celle des médecins et du personnel soignant.
Mais parents viennent d'arriver, et Ashley leur explique qu'il est dans un état grave.
« Pouvons-nous faire quelque chose? Demande maman. On se sent inutiles, à rester là à attendre.
- Je vais me renseigner pour savoir si vous pourrez le voir dans un moment. »
Elle avance vers moi, passant rapidement. J'ai quand même le temps d'attraper son bras.
« Ashley...
- Bill est encore sous l'effet de l'anesthésie. Il faut que son corps récupère du choc. Mais même s'il dort, il est bon pour lui d'entendre la voix de ses proches.
- Tu en fais partis. »
Elle m'adresse un sourire et serre doucement ma main. J'entremêle mes doigts avec les siens. Elle me tire doucement vers elle, nous faisant entrer dans la salle des soins intensifs.
La gentille infirmière se penche vers mon frère. On n'est pas dans un service pédiatrique et pourtant il y a des sucettes brodées sur sa blousse. « Ton frère est là mon petit . » lui annonça-t-elle, comme si l'on se rencontrait au supermarché du coin.




16h39
Il y a foule autour de moi, maintenant. Toute la famille est présente, nous réconfortant moi et mes parents.
La famille s'est rassemblée dans la salle d'attente. Pas la petite où mes parents se trouvaient pendant la dernière opération de Bill, à l'étage de la chirurgie, mais une plus vaste, dans le service principal, équipée de fauteuils et de canapés confortables, avec des magasines relativement récents. Tout le monde parle à voix basse, comme pour respecter les autres personnes présentes. Sauf qu'ils sont les seules à attendre. Il y a une telle atmosphère de gravité que je retourne dans le couloir pour me détendre un peu.
En voyant arriver Ashley, je suis ravi. Elle avance à toute allure dans les couloirs de l'hôpital. Je la suis dans les couloirs. Elle traverse ensuite le hall, contourne la boutique, passe devant la cafétéria, puis consulte le plan de l'hôpital. J'ai une petite idée de ce qu'elle cherche.
Elle se dirige en effet vers la chapelle qui se trouve au sous-sol. L'atmosphère y est paisible. Une chaîne invisible passe en sourdine une sorte de musique New Age.
Ashley s'affale sur l'une des chaises recouvertes de peluches. Elle hôte sa blousse blanche.
« Ah, j'adore ce métier! » s'exclame-t-elle. Elle essaie de rire, sans y parvenir. Son ton est sarcastique et je comprends que ce n'est pas à Dieu qu'elle s'adresse, mais à Bill. Elle désigne la chapelle d'un geste circulaire. « C'est sans doute l'idée que l'hôpital se fait d'un lieu ½cuménique... » Il y a au mur un crucifix, un lutrin recouvert d'un drap marqué d'une croix, et quelques tableaux représentant une Vierge à l'Enfant. « Voilà une étoile de David symbolique, poursuivit-elle en tendant le doigt vers une étoile à six branches. Mais les musulmans? Je ne vois pas de tapis de prière, ni rien qui permette de savoir où sont l'orient et la Mecque. Quant aux bouddhistes, est-ce qu'ils n'auraient pas le droit à un gong? »
Je m'assois sur une chaise à côté de l'entrée. J'aime sa façon de parler à Bill, elle a quelque chose d'habituel, de naturel. À par l'urgentiste qui à dit à Bill de s'accrocher, l'infirmière qui lui demande sans cesse comment il se sent, et moi qui essaie de le faire revenir, personne ne lui a adressé la parole depuis l'accident.
Je n'ai jamais vu Ashley prier. Dans l'ensemble, elle ne se sent pas très concernée par la religion. Au bout d'un moment, pourtant, elle ferme les yeux et murmure des mots dans une langue inconnue.
Quand elle a terminé, elle se frotte les mains comme pour dire « bon, ça suffit maintenant », puis s'adresse à nouveau à Bill. « S'il te plaît, Bill, ne meurs pas. Je comprends que tu puisses y penser, mais dis-toi bien que si tu meurs, il y aura une cérémonie ridicule, genre hommage à Lady Di, avec des fleurs, bougies et inscriptions sur des bouts de papiers déposées près de chez toi. » Elle essuie une larmes rebelle d'un revers de main. « Je sais que tu aurais horreur de ça. »




16h47
Une fois, maman m'a introduit en douce dans un casino. La famille partait en vacances et nous nous sommes arrêtés pour déjeuner. Ma mère a eu envie d'aller tenter sa chance au jeu et je l'ai accompagné pendant que papa restait avec Bill, qui somnolait dans la voiture. Elle s'est assise à une table de black-jack. Le croupier nous a dévisagés, d'abord elle, puis moi, et elle lui a lancé un regard qui l'a littéralement cloué sur place, suivis d'un sourire éblouissant. Il lui a timidement rendu son sourire sans oser rien dire. Elle s'est mise à jouer et je l'ai observé, hypnotisé. Quand papa et Bill sont venu nous chercher, grognons tous les deux, j'ai eu l'impression que nous étions là depuis un quart d'heure à peine. En fait, nous avions passé plus d'une heure à la table de jeu.
C'est la même chose dans l'unité de soin intensifs. On ne sait plus quel jour on est et on perd la notion du temps. La lumière est superficielle. Et il y a un bruit permanent. Sauf que ce ne sont ni les bips électroniques des machines à sous ni l'avalanche métallique des pièces qui tombent, mais le ronronnement des appareils médicaux et la conversation des infirmières. Je me demande exactement combien de temps je suis ici. Il y a un petit moment, l'infirmière que j'aime bien, celle qui a l'accent chantant, à dit à Bill qu'elle rentrait chez elle en ajoutant: « Je reviens demain, et j'espère te retrouver, ici mon petit. » Au début j'ai trouvé ça curieux. Ne préfèrerait-elle pas le savoir rentré chez lui, ou transféré dans un autre service de l'hôpital? Et puis j'ai compris. C'est sa façon de lui dire de ne pas mourir.
Les médecins vont et viennent. Ils soulèvent les paupières de Bill et braquent le faisceau lumineux d'une petite lampe sur sa pupille avec des gestes brusques et pressés. On dirait que pour eux, des paupières ne méritent pas d'être manipulées avec douceur. Cela me fait penser que dans la vie, on touche rarement les yeux des autres. Parfois, un parent soulève la paupière d'un enfant pour ôter une poussière de son ½il, ou un garçon dépose un baiser léger comme un papillon sur la paupière de sa petite amie, juste avant qu'elle s'endorme. Mais les paupières n'ont pas l'habitude d'être rudoyées, au contraire des coudes, des genoux ou d'autres parties du corps.
Maintenant, Ashley est au chevet de Bill. Elle lit son dossier et parle avec les infirmières, puis elle sort retrouver les membres de ma famille, qui ont cessé de parler à mi-voix et s'occupent chacun de son côté.
Quand Ashley sort de la salle, ils se lèvent comme devant une souveraine. Elle leur adresse un petit sourire. Je pense qu'elle leur indique ainsi que tout va bien, ou que l'état de Bill est stationnaire. Qu'elle est là pour donner les dernières informations et non pas pour lâcher une bombe.
« Bill est toujours inconscient, mais ses signes vitaux s'améliorent, dit-elle. Il est actuellement avec des médecins spécialistes.
- Il va bientôt de réveiller, non? » demande ma mère.
Ashley hoche la tête. « Il respire sans assistance, il y a du progrès. Cela montre que ses poumons fonctionnent et que ses blessures internes se stabilisent.
- On peut le voir? » s'interroge papy.
Ashley fait signe que oui.
« C'est pour cela que je suis ici. Ce serait une bonne chose pour Bill s'il recevait une visite. Brève. Et pas plus d'une ou deux personnes.
- Nous y allons. »
Ma mère fait un pas en avant, mon père à ses côtés.
« Parfait », dit Ashley. Puis elle ajoute, à l'intension du reste de la famille: « Ce ne sera pas long. »
Elle s'approche de moi et me murmure: « Tu peux venir toi aussi.
- Tu as dis pas plus d'une ou deux personnes.
- Tu es son frère. »
Elle entremêle ses doigts avec les miens, et caresse ma main avec son pouce. Je lui adresse un petit sourire.
Nous avançons dans l'unité des soins intensifs en silence. Lorsque mes parents franchissent les portes automatiques, ils s'arrêtent, comme devant une barrière invisible. Ma mère prend la main de son mari. Il y a bien longtemps que je ne les ai pas vue faire ce geste. Je serre automatique ma main sur celle d'Ashley. Ma mère parcourt les lits du regard, mais mon père a tout de suite repéré Bill et il se dirige vers lui à grands pas. Elle le suit.
« Bonjour mon chéri », dit ma mère. Il y a une éternité qu'elle ne l'a pas appelée ainsi. La dernière fois, c'était quand on avait décidé de prendre notre propre appartement à moi et Bill. Elle s'approche lentement, en prenant de courtes inspirations.
Ashley apporte deux chaises qu'elle place au pied de lui de Bill.
« Est-ce qu'il nous entend? Interroge ma mère. Si nous lui parlons, il nous comprend?
- Pour être sincère, je ne sais pas. Mais votre présence va le réconforter, tant que vous lui dites des paroles réconfortantes. »
Ashley commence à partir, mais je la retiens à nouveau, lui prenant encore une fois la main.
« Reste.
- Mais
- Tu es sa meilleure amie. »
Mes parents restent un moment silencieux. Puis ma mère se met à bavarder à propos des orchidées qu'elle cultive dans sa terre. Mon père à les mains qui tremblent. Lui qui n'est pas bavard doit avoir du mal à parler de choses et d'autres.
Une nouvelle infirmière s'approche. Elle a des cheveux bruns, des yeux noirs maquillés avec une ombre à paupière nacrée. Ses faux ongles ont des décalcomanies en forme de petit c½ur dessus. Elle doit se donner beaucoup de mal pour les entretenir. J'admire le résultat.
« N'ayez aucun doute, il vous entend, dit-elle. Il se rend compte de tout ce qui se passe. »
Elle reste là, les mains sur les hanches. Pour un peu, elle ferait une bulle de chewing-gum. Mon père et ma mère boivent ses paroles.
Ashley se rapproche de moi et parle à l'intension de mes parents. « Vous croyez que tout dépend des médecins ou des infirmières, ou de tout ces équipements? Dit-elle en tendant sa main libre vers le mur d'appareils médicaux. Eh bien non. C'est lui qui mène le jeu. Alors parlez-lui. Dites-lui qu'il peut prendre tout le temps qu'il veut, mais qu'il revienne. Vous l'attendez. »




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Je suis désolée du retard. Mais je voulais faire un chapitre un peu plus long que d'habitude, ce qui m'a pris malheureusement plus de temps que prévu. Je vous pris de m'excuser, mais je veux vous faire ressentir des tas de sentiments. J'espère réussir à vous faire transporter dans mon monde.
Je vous pris encore une fois de m'excuser du retard que j'ai pris pour poster le chapitre3.
Avec toute mon amitié.
Alex







Come in My World ! (Blog en construction)




# Posté le samedi 14 novembre 2009 18:33